
Quand Marie m’a appelé l’an dernier, elle était furieuse. Sa prime venait d’augmenter de 45€. Aucun accident. Aucun sinistre. Rien. Elle payait 780€ par an et ne comprenait pas pourquoi. Son cas n’a rien d’exceptionnel. Selon le baromètre 2026 MoneyVox, la prime moyenne atteint désormais 621€/an pour un conducteur avec bonus 50%. Et la tendance reste à la hausse.
Réduire sa prime auto en 4 actions clés
- Adaptez votre formule à la valeur réelle de votre véhicule
- Augmentez votre franchise si vous êtes bon conducteur
- Supprimez les options devenues inutiles
- Utilisez votre relevé d’information pour négocier
Points clés abordés
Pourquoi votre prime augmente alors que vous n’avez pas eu d’accident
C’est la question que je reçois le plus souvent. Vous conduisez prudemment, pas le moindre accrochage depuis des années, et pourtant l’échéance arrive avec une mauvaise surprise. Soyons clairs : votre comportement personnel ne représente qu’une partie de l’équation.

Les assureurs ajustent leurs tarifs chaque année en fonction de la sinistralité globale. Les orages de grêle, par exemple, ont triplé les dommages entre 2019 et 2025. Les pièces détachées coûtent plus cher. La main-d’œuvre aussi. Tout ça se répercute sur votre cotisation, même si vous n’y êtes pour rien.
Les 3 facteurs qui pèsent le plus sur votre tarif :
- Votre coefficient bonus-malus (historique de sinistres)
- Le profil de risque de votre zone géographique
- La valeur et le modèle de votre véhicule
Le seul levier que vous maîtrisez vraiment, c’est le coefficient bonus-malus. Selon Service-Public.fr, ce coefficient baisse de 5% chaque année sans sinistre responsable, jusqu’à atteindre 0,50 après treize ans de conduite sans accroc. Un sinistre responsable ? Majoration de 25%. C’est mécanique.
Mais voilà le truc : même avec un bonus parfait, votre prime peut grimper. Le tarif de base augmente, et 50% d’un montant plus élevé reste… plus élevé. C’est là qu’interviennent les autres leviers.
Les 4 leviers qui font vraiment baisser la facture
Dans les dossiers que j’analyse, je constate régulièrement des conducteurs qui paient entre 150 et 400€ de trop par an. Pas parce qu’ils sont mal assurés. Parce que leur contrat n’a jamais été réajusté depuis l’achat du véhicule. Voici les quatre ajustements qui génèrent les économies les plus conséquentes.
Adapter votre formule à la valeur réelle du véhicule
Je ne vais pas vous mentir : c’est le levier le plus sous-exploité. J’ai accompagné Nathalie l’année dernière. Aide-soignante en Essonne, 47 ans, propriétaire d’une Clio 4 de 2016. Elle payait 890€ par an en tous risques. Sa voiture valait environ 6 000€ à l’Argus.

En passant au tiers étendu et en ajustant sa franchise, elle est descendue à 520€. Soit 370€ d’économie annuelle. Sur trois ans, ça représente plus de 1 100€. Ce constat est limité aux profils que j’accompagne en France métropolitaine, mais la logique reste la même partout : formule tous risques sur véhicule ancien = surcoût quasi certain.
Quelle formule pour votre véhicule ?
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Véhicule de moins de 5 ans, valeur supérieure à 10 000€ :
La formule tous risques reste pertinente. L’indemnisation en cas de dommages couvre une part significative de la valeur.
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Véhicule de 5 à 8 ans, valeur entre 5 000 et 10 000€ :
Le tiers étendu mérite d’être étudié. Comparez le surcoût tous risques avec l’indemnisation maximale possible.
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Véhicule de plus de 8 ans, valeur inférieure à 5 000€ :
Le tiers simple suffit souvent. L’indemnisation tous risques serait de toute façon limitée par la valeur Argus.
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Véhicule de collection ou à valeur affective :
Un contrat spécifique avec valeur agréée peut s’avérer plus adapté qu’une formule standard.
Pour assurer sa voiture au juste prix, la règle de base est simple : si l’indemnisation maximale en cas de perte totale ne dépasse pas deux à trois fois votre prime annuelle, la formule tous risques coûte probablement plus qu’elle ne rapporterait.
Jouer sur la franchise pour réduire la prime
La franchise, c’est la somme qui reste à votre charge en cas de sinistre. Augmenter ce montant fait baisser la cotisation. Logique : vous assumez une part du risque, l’assureur vous facture moins.
Passer d’une franchise de 150€ à 300€ peut générer une baisse de 10 à 15% sur la prime, selon les contrats. Sur une cotisation de 700€, ça représente 70 à 100€ d’économie annuelle. Le calcul vaut le coup si vous êtes bon conducteur et que vous ne déclarez pas de sinistre chaque année.
Mon conseil sur la franchise : Si vous n’avez pas eu de sinistre depuis plus de trois ans, augmenter votre franchise à 300-400€ est rarement un mauvais pari. Vous économisez chaque année, et statistiquement, vous n’aurez pas à débourser cette somme de sitôt.
Attention toutefois : une franchise trop élevée (500€ ou plus) peut devenir problématique si vous avez un petit accrochage. Évaluez votre capacité à absorber ce montant en cas de coup dur.
Supprimer les options devenues inutiles
L’erreur la plus fréquente que je rencontre dans les dossiers ? Des options souscrites à l’achat du véhicule et jamais réévaluées depuis. L’assistance 0 km alors que vous avez une voiture fiable et une carte de dépannage via votre banque. Le prêt de véhicule alors que vous n’en avez jamais eu besoin. La garantie conducteur surdimensionnée.
Chaque option représente quelques dizaines d’euros. Additionnées, elles peuvent alourdir la facture de 50 à 80€ par an. Demandez un détail poste par poste à votre assureur et supprimez ce qui ne correspond plus à votre usage réel.
Franchement, la plupart des conducteurs ne savent même pas ce que couvrent leurs options. Prenez quinze minutes pour relire vos garanties. C’est souvent là que se cachent les économies les plus simples à réaliser.
Changer d’assureur sans perdre votre bonus : la méthode pas à pas
Je pense à ce dossier traité fin 2024. Un client qui hésitait à changer d’assureur depuis deux ans. Sa crainte ? Perdre son bonus 50% durement acquis. Cette peur est infondée. Votre coefficient vous suit. C’est la loi.

Comme l’explique le guide Resilier.com sur la loi Hamon, depuis janvier 2015, vous pouvez résilier votre assurance auto après un an de contrat, sans frais ni pénalités, à tout moment. Le nouvel assureur s’occupe même des démarches de résiliation à votre place.
La clé du processus, c’est le relevé d’information d’assurance auto. Ce document retrace vos cinq dernières années d’historique : sinistres, coefficient bonus-malus actuel, dates de couverture. Aux termes de l’article A 121-1 du Code des assurances, votre assureur doit vous le fournir sous 15 jours maximum. En pratique, comptez 48 à 72 heures par voie dématérialisée.
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Demandez votre relevé d’information à l’assureur actuel -
Collectez 4 à 5 devis avec garanties équivalentes -
Sélectionnez le nouvel assureur ou négociez avec l’actuel -
Le nouvel assureur envoie la résiliation (préavis 1 mois) -
Nouvelle couverture active, sans interruption
Je recommande toujours de commencer par demander le relevé d’information, même si vous n’êtes pas sûr de changer. C’est la première étape non négociable. Sans ce document, aucun nouvel assureur ne peut vous faire une offre fiable.
Vérifications avant de signer chez un nouvel assureur
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Comparez les franchises, pas seulement les primes
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Vérifiez les plafonds d’indemnisation (notamment garantie conducteur)
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Confirmez que votre bonus-malus est bien repris
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Assurez-vous qu’il n’y a pas de période de carence sur certaines garanties
Ce que les comparateurs ne vous disent pas
Les comparateurs en ligne sont utiles. Je les utilise moi-même pour avoir une première idée du marché. Mais ils ont leurs limites, et personne ne vous en parle.
Attention aux garanties cachées dans le tarif bas : Un comparateur affiche le prix le plus attractif, pas nécessairement le contrat le mieux adapté. Les franchises élevées, les exclusions de garantie ou les plafonds bas n’apparaissent qu’en petites lignes.
Premier biais : les comparateurs travaillent avec un panel limité d’assureurs. Ils ne référencent pas tout le marché. Certaines mutuelles régionales ou assureurs spécialisés n’y figurent pas. Vous passez peut-être à côté de la meilleure offre pour votre profil.
Deuxième piège : la comparaison se fait souvent sur le prix brut, pas sur le rapport garanties/cotisation. Un tarif de 450€ avec une franchise de 500€ et un plafond conducteur à 50 000€ n’est pas équivalent à un tarif de 520€ avec franchise de 200€ et plafond à 200 000€. Le premier paraît moins cher. Le second vous protège mieux.
Sur le terrain, la réalité est la suivante : j’ai vu des clients économiser 80€ via un comparateur, puis payer 600€ de leur poche à cause d’une franchise qu’ils n’avaient pas anticipée. Le calcul était perdant.
Mon conseil ? Utilisez les comparateurs comme point de départ. Mais avant de signer, appelez directement deux ou trois assureurs pour affiner. Demandez un devis personnalisé. Posez des questions sur les franchises, les exclusions, les délais de carence. C’est là que se jouent les vraies économies.
Vos questions sur la réduction de prime auto
Est-ce que je perds mon bonus en changeant d’assureur ?
Non. Votre coefficient bonus-malus est attaché à votre historique de conducteur, pas à votre contrat. Le relevé d’information que vous transmettez au nouvel assureur atteste de votre coefficient actuel. Il sera repris tel quel.
Puis-je résilier mon assurance auto à tout moment ?
Oui, à condition d’avoir dépassé la première année de contrat. La loi Hamon vous permet ensuite de résilier à tout moment, sans frais ni pénalités. Un préavis d’un mois s’applique.
Comment obtenir mon relevé d’information ?
Faites une demande écrite (mail ou courrier) à votre assureur actuel. Légalement, il dispose de 15 jours pour vous le transmettre. En pratique, la plupart des assureurs l’envoient sous 48 à 72 heures par email.
Une franchise plus élevée est-elle risquée ?
Ça dépend de votre profil. Si vous n’avez pas eu de sinistre depuis plusieurs années, augmenter la franchise réduit votre prime sans impact concret. En revanche, si vous avez tendance à déclarer des petits sinistres fréquents, la franchise élevée peut vite coûter cher.
Quelle est la différence entre tiers et tous risques ?
La formule tiers couvre uniquement les dommages que vous causez à autrui (responsabilité civile obligatoire). La formule tous risques couvre aussi les dommages subis par votre propre véhicule, y compris en cas d’accident responsable. Le tiers étendu ajoute des garanties intermédiaires (vol, incendie, bris de glace) sans aller jusqu’au tous risques.
La prochaine étape pour vous
Si vous ne devez retenir qu’une chose, c’est ça : la plupart des économies ne viennent pas d’un changement spectaculaire, mais d’ajustements que personne ne fait. Adapter sa formule. Réévaluer sa franchise. Supprimer les options oubliées. Trois gestes qui prennent moins d’une heure et peuvent rapporter 150 à 400€ par an.
Votre plan d’action immédiat
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Demandez votre relevé d’information cette semaine
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Vérifiez la cote Argus de votre véhicule pour évaluer si le tous risques reste pertinent
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Relisez vos garanties et identifiez les options superflues
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Collectez 3 à 4 devis avec les mêmes niveaux de garantie pour comparer
Plutôt que de subir la prochaine hausse, posez-vous cette question : combien payez-vous réellement pour des garanties que vous n’utilisez jamais ?
Précisions sur les tarifs et garanties :
- Les économies mentionnées sont des moyennes constatées et varient selon votre profil conducteur et votre historique
- Les tarifs d’assurance évoluent chaque année et dépendent de nombreux critères propres à chaque assureur
- La suppression de certaines garanties peut vous exposer à des frais importants en cas de sinistre
En cas de doute, consultez un courtier en assurance agréé ORIAS ou le service client de votre assureur actuel.